Chez Chacun Son Café, c’est chacun son job - Entretien avec Margaux Roux

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Margaux Roux, Head of Communications chez Chacun son café & Founder de Le Hub Nomadenous raconte la culture d’entreprise atypique, conviviale, presque intime de Chacun son Café. Elle nous raconte aussi la transformation des salariés et leur responsabilisation.

 

Tout d’abord, pouvez-vous nous présenter Chacun son Café ?

“Chacun son café” existe depuis 2005 et a été repris en 2017 par Marc Gusils. Il m’a recrutée sur des aspects de fidélisation client et sur la création d’une communauté. D’une taille marginale, la machine a été relancée. Non salariée, je suis indépendante, Nomade digitale et Freelance bien avant l’époque de la Covid. J’ai longtemps travaillé à Bali et l’équipe s’est agrandie sur le même modèle, en privilégiant les compétences à la location. Aujourd’hui notre équipe est éclatée géographiquement avec une personne du service client à Vannes, un comptable dans le Sud de la France, une personne en Grèce… Nous sommes une petite équipe, moins de dix, plus fournisseurs de “Chacun Son Café” que salariés, mais sur le fonctionnement et l’implication de chacun, je dirais même que c’est mieux, parce que les gens ont rejoint le projet par conviction profonde et avec une conscience très accrue de ce dont ils ont besoin dans leur vie. Nous portons tous quotidiennement cet aspect militant qui est dans l’ADN de l’entreprise.

Tout le monde est indépendant chez vous ?

Non, il y a quand même des salariés pour les services de client. Autrement, pour toutes les compétences un peu techniques ce sont des indépendants, parce qu’ils ont des compétences très précises et qu’ils ont décidé de prendre leur indépendance. On a plutôt privilégié ce mode de fonctionnement là, ça marche bien et tout s’alimente. Je suis vraiment convaincue de ce mode de fonctionnement qui est vraiment vertueux pour l’entreprise et la personne.

C’est une sorte d’amour libre ?

Oui, un amour libre, mais un amour choisi et tous les jours choisi. Nous ne sommes pas assujettis à un salaire, qui est très contraignant. C’est plutôt basé sur la collaboration.

Quel que soit le statut, est-ce que c’est important pour “Chacun Son Café” que chacun se sente bien et soit à l’aise ?

Le café est synonyme de bien-être au quotidien et on se mobilise pour retrouver un équilibre avec les cultivateurs et la nature. “Chacun son café” est contre la capsule, un non-sens en termes de goût et d’écologie. Avec cette exploitation de ressources, le “single use”, le côté environnemental est bafoué. Ce positionnement sur ce lien à la nature, au savoir-faire et sa valorisation est une philosophie qui se retrouve dans les ressources humaines avec ce concept du “remote” précoce. L’idée est de travailler avec des gens qui sont bien dans leur peau. Les collaborateurs peuvent prendre des vacances selon leurs besoins et adapter leurs horaires. Prendre cette décision de s’émanciper un peu du schéma, c’est parvenir à un bien-être au travail.

Malgré ce bien-être, que fait la direction si un collaborateur lui demande un acompte ? Rosaly peut-elle se rendre utile ?

Notre fonctionnement est un peu particulier en ce que nous travaillons avec des factures et pas de salaire. Mais si j’ai besoin d’une avance sur une facture du mois, ce sera accepté parce qu’il y a la confiance entre nous et que c’est donnant-donnant dans la relation. J’imagine que c’est pareil pour tout le monde dans notre entreprise.

Nous ressentons de la liberté, de la flexibilité, de la responsabilité ; réussissez-vous à créer de la cohésion entre vous ?

Notre équipe se réunit sur Skype toutes les semaines, pour balayer les sujets de chacun et favoriser les relations interpersonnelles. On s’appelle très régulièrement et on s’aide les uns les autres ; on s’alimente de nos problématiques et de nos réussites par la même occasion. On s’impose dans notre quotidien de s’appeler plutôt que de s’envoyer un WhatsApp pour vraiment avoir cet échange et cette culture commune et sortir les gens de leur isolement. En été, on se retrouve ensemble 2 jours à Paris.

Et par rapport aux concurrents, comment vous positionnez-vous ?

Nous sommes sur une thématique “macro” globale. Nous avons une réelle action concrète dans les plantations, pour les cultivateurs. Chaque fois que quelqu'un achète un café chez nous, en Direct Trade, il y a une partie qui va au cultivateur qui est mieux payé. Cela favorise le développement de l’agroforesterie, de la permaculture et d’alimenter l'écosystème. Échangé en bourse, le prix du café est normalement fixé par l’acheteur et le producteur vit souvent sous le seuil de pauvreté. Le café est pourtant de plus en plus cher et valorisé, avec cette demande autour du café bio et de spécialité pour lequel les consommateurs sont prêts à payer plus cher qu’en grande surface. Agir dans les plantations aujourd’hui est crucial pour les 50 prochaines années. Et c'est ce qu'on propose à nos clients, on a ce rapport d'impact sur les plantations dans leur contrat. Le fait d'avoir le label B Corp est une belle victoire et légitime notre engagement, grâce à une vraie vérification de nos actions et de notre modèle. Cela nous différencie des entreprises qui pratiquent le "greenwashing" dans leur communication. C’est une vraie différenciation qui peut créer de la préférence, surtout pour les grands groupes qui sont familiarisés avec ces labels RSE.

Cette labellisation est-elle toute récente ?

Labellisé en février 2021 après un an et demi d’efforts, nous sommes d'autant plus fiers de ce label qu’il est très difficile à obtenir, ce qui montre que l'on est vraiment engagés.

Vous êtes peut-être la seule boîte en France à ne pas avoir été impactée par la Covid dans le fonctionnement de travail ?

Alors dans le fonctionnement pas du tout, en revanche dans le business oui. Notre majorité de notre chiffre d’affaires était le café au bureau, mais depuis un an, il n’y a plus vraiment de bureau. Cela nous a forcé à travailler sur d’autres projets comme la labellisation B Corp. Mais effectivement dans le fonctionnement on n’a pas été impacté. On a même conseillé nos clients sur la manière de fonctionner en télétravail et en remote, autour de quel rythme adopter, comment s’organiser, comment garder le lien… Et le café, c'est aussi un prétexte pour créer du lien dans les équipes, faire des cafés zoom. On conseille sur cet aspect-là car on a ce recul RH.

Qu’est-ce que le bien-être financier pour vous ?

Des personnes qui sont à l’aise avec la manière dont elles sont rémunérées et qui sont alignées sur l’énergie qu’elles donnent et qu’elles reçoivent à hauteur de leurs responsabilités. Tout le monde devrait être à l’aise d’en parler, bien qu’il y ait un grand tabou en France sur cet aspect financier. On n’a pas cette culture et il a un gros “gap” à passer sur ces questions-là. Il s’agit aussi d’être associé au bénéfice de l’entreprise. Chez “Chacun son Café” on a mis en place ce fonctionnement de participation intéressement. Les personnes vraiment impliquées sur le long terme, avec ancienneté de plus 3 ans, peuvent avoir des parts dans l’entreprise. Nous avons développé une culture plutôt axée entreprenariat où chacun peut s'investir et avoir une place de choix au niveau financier dans l’entreprise.

Pensez-vous que ce soit aussi le rôle de l’employeur de faire de l’éducation financière ?

Je ne suis pas vraiment à l'aise avec cette idée car il y a d’abord un problème de culture en France et un concept d’assistanat avec le salariat qui ne permet pas aux personnes de s’impliquer. C’est la société qui doit évoluer dans son ensemble, et ça commence par l’éducation, en proposant des cours à l’école autour de cette thématique par exemple. S’informer individuellement est aussi essentiel pour se responsabiliser. L’employeur peut aussi avoir un rôle, mais je pense que c’est un problème plutôt sociétal, plus que celui de l’employeur, qui fait déjà beaucoup.


Que pensez-vous du libre accès au salaire ?

Il y a des événements imprévus dans la vie qui nécessitent de mobiliser des ressources financières à des moments où on ne les a pas forcément. Dans une collaboration de long terme avec l’entreprise, je pense que c’est donnant-donnant. C’est légitime pour un salarié d’avoir parfois besoin d’utiliser son argent différemment. C’est aussi un geste de l’entreprise de favoriser une circulation de l’argent qui soit basée sur la responsabilité et sur un rapport de partenaires où l’on se fait confiance. On a beaucoup d’efforts à faire et de culture d’entreprise à changer et ça passe aussi par l’aspect financier. Ce que vous proposez là, mérite d’être développé, cela me paraît logique.

Que pensez-vous du concept d’une application comme Rosaly ?

Aujourd’hui, tout se fait sur mobile, on a tous notre compte en banque sur mobile, on ne peut clairement pas se dédouaner de l’application mobile parce que c’est vraiment le bon outil aujourd’hui.

Est-ce que ça peut intéresser les personnes qui travaillent avec vous, vos partenaires, clients ou indépendants ?

Les indépendants sont payés par facture. Cependant, en ce qui concerne nos clients, qui sont des grands groupes, je pense qu’ils ont cette ambition d’évoluer de manière plus vertueuse sur tous les aspects RH, notamment depuis l’arrivée de la COVID. Ils sont dans un processus de changement de culture, c’est donc un projet qui peut intéresser les DRH aujourd'hui.

 

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